mardi 25 février 2020

Sigrid & Nico on tour - Le sommaire !


Bienvenue sur ce blog ! Bonne lecture, vous trouverez également quelques photos ici.



CHILI


La Patagonie verte

L'île de Chiloé : les Cabañas

L'île de Chiloé : la Granja Salvador






































Ile de Chiloé - Granja Salvador




Toutes les photos de cette note et plein d'autres en cliquant ici !

Ok, je résume un peu la chronologie des choses depuis le début parce que mine de rien ça fait déjà un petit moment qu’on a quitté les rues pavées du triangle d’or.

On est d’abord partis tout feu tout flamme (épinglez ça à la liste des expressions plus vraiment utilisées) avec un gros 4x4 de l’espace vers le sud de la Patagonie affrontant les routes caillouteuses et poussiéreuses, marchant des bornes jusqu’à des glaciers, escaladant les pentes escarpées de volcans fumants, embarquant tout type d’autostoppeurs et sirotant, à l’occasion une bonne bière fraiche. C’était la Patagonie Verte. Tout cela est tellement loin…

Puis nous nous sommes posés sur la douce et lumineuse île de Chiloé dans des cabanes que l’on pourra qualifier de confortables et dans des environnements pas piqués des vers (+1). Je ne reviendrai pas là-dessus. 

Que peut-on faire de nouveau ? Et bien jeunes gens, il est temps de se retrousser les manches. Direction la ferme Salvador près du petit bled de Rauco, lui-même près de la ville de Castro.
Nous allons prêter main forte, en échange du gîte et du couvert, à Laura qui va nous accueillir 15 jours dans sa ferme. Ceci dans le cadre du programme Wwoofing que j’ai déjà évoqué dans la première note. Là normalement elle nous attend bien, c’est pas comme l’autre planteur d’arbre qui dans un réflexe professionnel nous avait lui-même plantés. 

On débarque chez Laura un lundi matin et de prime abord ce n’est pas le petit bout de paradis qu’on peut s’imaginer. On y arrive en traversant une espèce de clairière où trainent des baraques de chantier abandonnées. Il y a un gros hangar qui tient plus vraiment droit et qui abrite des bécanes agricoles, deux gros chiens attachés à des laisses métalliques qui font un barouf pas possible, plusieurs maisons autour d’une cour poussiéreuse, un bordel pas possible avec des pneus usés qui trainent, des planches laissées là et des morceaux de tôle, des bagnoles qui ne rouleront plus jamais, une vielle cuisinière qui rouille…Et une grosse éolienne qui donne tout ce qu’elle a dans une ambiance de far-west. 

Un gars est occupé à préparer une petite moissonneuse, c’est Marcello et on apprendra que c’est l’ex de Laura. Il nous indique qu’elle n’est pas encore là et nous confie à un autre type qui déboule d’une autre maison. C’est Carlos, beau-frère de Laura. Comme tous les ans, lui et sa femme (sœur de Laura donc) sont venus d’Argentine en vacances.

Petite parenthèse : je m’aperçois qu’il faudrait peut-être que vous preniez des notes car il peut y avoir pas mal de monde dans cette histoire. J’ai trop lu de bouquins où je ne sais plus qui est qui au bout d’un moment (=20 pages) pour ne pas vous donner ce conseil.

Bref, nous voilà donc avec Carlos qui nous emmène la maison dans laquelle il loge. C’est la plus vieille de toutes et c’est celle de Domingo, le papa de Laura, le grand père, le patriarche, l’homme de la maison. J’en parlerai plus loin car Domingo est un personnage assez exceptionnel.

Carlos est argentin et il parle beaucoup, beaucoup. Et vas-y que je te reconstitue les relations entre l’Argentine, le Chili, l’Angleterre (allons bon, voilà les Malouines qui se pointent) et les crises successives, et la dictature…. Il nous montre la maison du grand père qui baigne littéralement dans son jus mais qui est plutôt chaleureuse avec sa grande cuisine où tout le monde se rassemble autour du vieux poêle à bois.

De mon côté je me rends compte que je ne comprends vraiment rien à l’espagnol et que ça va être très compliqué ! Mes notions ne me sauront d’aucune utilité ici puisque je me vois mal commander une bière et un plateau de fromage en demandant par la suite l’addition. Bref…

Laura arrive enfin avec sa sœur et on fait connaissance avec celle qui va s’occuper de nous pendant ces 15 jours. Laura est plutôt costaude et elle à l’air très à l’aise et d’un grand naturel. Elle ne s’embarrasse pas de formalités ou de formules de politesse. Elle est très souriante et se marre beaucoup. Il y a sa fille également, Marcella (la fille de Marcello).  

Nouveau point famille : Laura a quatre sœurs et on les verra toutes. Désolé j’ai pas retenu tous les prénoms. Laura a également un frère qui est mort jeune et qui était semble-t-il handicapé. Il s’appelait Salvador et c’est le nom que la famille a donné à la ferme.

Laura nous fait visiter la ferme, un peu bordélique. Il y a des parcelles de pois, de patates, de rhubarbe, de carottes, de fèves…Il y a aussi une serre avec des légumes et fruits plus délicats dont des Physalis (merci Google) des salades et des herbes aromatiques. Il y a des cochons, bien crados, des poules, des moutons, des vaches, des dindons. Il y a des chats partout aussi. Un champ de blé également qui est alors moissonné par Marcello et Carlos.





Laura nous montre ensuite sa maison et la chambre dans laquelle on va pieuter. Elle nous laisse en fait sa chambre, « en l’état » si on peut dire. Son lit, ses draps (bon, c’est un peu spécial ça) et toutes ses affaires jusqu’à la collec de peluches et de poupées qui font peur. Y’a rien pour ranger mais on va s’organiser. 

Dans cette maison, en plus de Laura, sa fille et nous, il y a aussi Gaby, une jeune fille délicate qui loue une pièce dans laquelle elle loge et où elle prépare différents produits qu’elle vend ensuite sur les marchés. Des liqueurs de plantes, des petits paniers d’herbes délicats, diverses mixtures, elle fait aussi des produits de beauté. Elle connait beaucoup de choses déjà. Tout ça à partir de ce qu’elle trouve dans le jardin. Elle est très étonnante Gaby, toujours à se préparer des petits trucs naturels, à boire et à partager son maté, à aller ramasser des herbes dans le jardin. Un matin on l’accompagnera jusqu’au marché de Chonchi pour la voir installer son petit stand de produits. Elle est toujours souriante.

Il y a aussi Soledad, une jeune petite punk grassouillette de Santiago qui bosse dans un resto à Castro, la ville voisine. Très gentille aussi, elle est un peu la compagne clope / picole de Laura le soir. Sacré personnage également. Elle ira quelques jours plus tard s’installer à Castro car ça devenait compliqué d’y aller tous les jours à pied + bus. 

Donc vous l’avez compris : que des meufs dans cette maison + un gars qui pipe pas un mot en espagnol. Autant vous dire que je me suis fait discret, trouvant bonne compagnie avec tous les chats et chiens de la maison + une miraculeuse guitare qui trainait par là. 



Voilà, le décor est posé et on est prêts à aller plonger nos mains délicates dans la terre de Chiloé. Mais bon là tout de suite c’est l’heure de la sieste donc on s’y mettra plus tard hein.

Et puis aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Domingo, l’abuelo de la maison. Le papi quoi. Il fête aujourd’hui ses 93 ans. On lui a fait un gros gâteau avec 4 bougies (9 plus 3 divisé par 4, je vois pas d’autre explication). Beaucoup de monde vient faire un tour à la maison pour l’occasion. La famille, les voisins. On fait le « Once » c’est-à-dire qu’on prend un gouter bien costaud. Pourquoi ce nom de « Once » pour un gouter de l’après-midi ? La vérité c’est que je ne le sais pas. 






Bref, on est tous là dans la grande pièce du papi à s’empiffrer de gâteaux et je ne me prive pas. Sauf qu’après (juste après), et ça on ne le savait pas, et ben c’est le repas du soir ! Et là c’est changement d’ambiance, Il n’y a plus que les hommes à table avec le papi qui s’impatiente en répétant « Carne, Carne, Carne ! ». C’est un fou de viande, il ne jure que par ça. Il parait qu’il a la goutte d’ailleurs, mais il n’a pas l’air d’en souffrir. Donc nous voilà, les hommes à table. Je ne me dérobe pas et on amène un énorme plat de mouton qui a dû se faire zigouiller il y a peu. Et là c’est l’orgie de viande, tout le monde finit par prendre les morceaux à la main pour les bouffer goulument en se mettant du gras partout. Bande de carnivores !




Domingo est dans une forme olympique, les yeux perçants et toute sa lucidité. Il bosse beaucoup, il est en train de construire seul un abri pour entreposer du bois, il manie la scie électrique comme qui rigole, Il s’occupe de ses cochons et découpe un mouton ou deux à l’occasion. 
Quand il ne bosse pas, il se repose sur sa banquette près du poêle à bois de la cuisine et il ronfle ou il lit la bible, au choix. 

Il ne jure que par les bienfaits de la terre, mettant en avant toutes les théories que l’on lit de plus en plus actuellement sur le retour à ces valeurs. 

Il a pris la période de la dictature de Pinochet en pleine poire comme pas mal de gens dans ce pays. Il a été fait prisonnier et il s’est enfui ! D’autres membres de la famille sont allés se réfugier en Suisse ou en Argentine.

Au milieu des parcelles agricoles il a construit une maison, une petite chapelle en fait, après la mort de son fils. Il va s’y recueillir souvent. 




Il est entouré de beaucoup de monde, les voisins et la famille viennent le voir, tout le temps. Avant d’aller nous coucher, quand on fait un dernier tour dehors, on aperçoit la fenêtre de sa cuisine où il est assis en bout de table à parler avec ses visiteurs.

Pour finir les présentations, citons enfin Paula qui vit avec son mari et leurs fils dans une petite maison proche de celle de Laura. Cette petite famille a débarqué il y a deux ans de la ville de Viña del Mar. Fatigués de la ville et de sa violence. Ils sont arrivés sans rien et ont pu s’installer ici. Paula est devenue une bonne copine de Laura et elles partent souvent toutes les deux. 

Ah oui, il y a aussi le copain de Marcella mais qu’on ne verra pas beaucoup, il passe son temps au pieu dans la maison à mater son téléphone.

Voilà vous savez tout. Et nos petits bordelais alors, ils ont fait quoi dans tout ça ? Je ne vais pas vous faire le récit jour par jour de nos folles activités agricoles, on va plutôt prendre une approche plus ludique avec un petit descriptif rapide de chacune d’elles. 

En sus, ici et là, je pourrai également rajouter quelques petits traits d’humour et nous évoquerons finalement notre week-end de repos d’ouvriers agricoles épuisés par le labeur. Cela vous convient ? Oui ? Et bien allons-y.

Les pois mange-tout

Bon ok , déjà je savais pas TROP ce que c’était des « pois mange-tout » ni même que ça portait ce nom un peu rigolo. Je l’ai d’ailleurs lu dans un bouquin qui m’a tenu compagnie pendant ce séjour et qui décrit une organisation dans une ferme qui est on peut le dire à l’opposé de ce qu’on a connu ici (pour les curieux, le livre c’est celui-ci).

Alors les pois mange-tout c’est du boulot les amis ! Il faut les ramasser, les trier, parfois les écosser (mais les manger cuits avec leur cosse c’est tip top), et nettoyer le champ pour la saison suivante !







Précision : ici, tout est naturel à fond. Même pas sûr qu’il y ait de traitement d’arrachage des mauvaises herbes. Le champ auquel on s’attaque est une belle pagaille, d’autant que le vent a mis à terre tous les plans. Avant de cueillir les pois, il faut donc d’abord repérer les plans et ensuite les pois eux-mêmes dans la jungle des herbes. 

Pour cette activité (comme pour toutes les autres d’ailleurs), Sigrid est équipée de ses bottes pour lesquelles elle ne tarit pas d’éloges. On se souvient de cet après-midi d’hiver où, déambulant bras-dessus bras-dessous sur le boulevard Saint Germain à Paris, nous nous étions arrêtés dans la boutique bien achalandée du maitre caoutchoutier Aigle. Nous y avions fait l’acquisition d’une paire de bottes de bonne facture qui allait devenir l’accessoire majeur de ce début de voyage. 

Quant à moi, j’ai trouvé chez Domingo une vieille paire de bottes trop grandes mais qui feront l’affaire. Elles ont dû appartenir à un wwoofeur scandinave passé par là. On m’entend de loin arriver dans le champ.

On passera beaucoup de temps sur cette parcelle à cueillir les pois puis à les trier et à les trier à nouveau au gré des indications parfois laconiques de Laura. Mais finalement je pense qu’on aura fait du bon boulot et que notre récolte aura été riche. Quelle saine satisfaction. 

Le travail final étant l’arrachage des plans pour en faire de l’humus qui amendera la terre pour la saison suivante. L’arrachage requiert une technique qui ne s’improvise pas et dans laquelle je suis passé maître après un peu de pratique.




La rhubarbe

Quel beau fruit que la rhubarbe et pas compliqué à ramasser en plus. Il suffit juste de choisir les pieds les plus épais. C’est assez rapide. On enlève ensuite les grosses feuilles, on coupe les tiges en petits morceaux et on est prêt à faire une bonne confiture. Comptez 10kgs de sucre pour 13kgs de rhubarbe !











Les prunes

Les prunes ont été notre récolte la plus rock’n’roll. Il n’y a qu’un grand prunier dans la ferme qui se trouve être dans l’enclos des cochons. Et les cochons sont prêts à tout pour bouffer. A TOUT ! 

Pour ramasser les prunes, on envoie une personne poids plume (=Sigridounette) sur le toit en tôle de l’abris des cochons pour donner des grands coups de bâton sur l’arbre. Les fruits tombent, roulent sur le toit et tombent dans l’enclos où c’est la course pour les choper avant eux ! Quand ils prennent un peu d’avance il faut leur gueuler dessus pour leur faire peur. 

Il faut aussi préciser qu’un enclos de cochons n’est pas l’endroit le plus propre de la terre et que les prunes auront besoin d’un bon nettoyage avant de se transformer en confiture.



 

Le blé

Avec les pois, c’est ce qui nous a le plus occupé et ce qu’on a préféré certainement. Ici on fait tout depuis le champ jusqu’au pain. Mais ce qui intéresse Laura c’est de vendre sa farine à une petite boulangerie de Castro, le Pan Comido. 

On peut dire qu’on est devenus des spécialistes de la farine bio et qu’on a quelques kilos de blés au compteur maintenant. Et tout ça de façon extrêmement artisanale. 

Il faut d’abord passer le blé moissonné dans un premier gros tamis pour enlever les grosses herbes. Puis dans un plus petit (que j’appelais pour bien se marrer « mon petit ami » lol) afin d’enlever les petites herbes. Tamis qu'on secoue énergiquement à la main mais qui demandent pas mal de fignolage pour aller chercher une à une les herbes récalcitrantes qui ne veulent pas dégager. 
Notre ami dans cette tâche : le vent. Effectuer cette opération dans un lieu venté nous a beaucoup aidé ! 








Là on se retrouve avec du blé prêt à être moulu, c’est là que rentre en jeu la vieille meule de la famille qui était à l’origine dans un moulin à eau. Heu…je parle pas de mobylette là, on est bien d’accord ?
Sur cette meule là, c’est un petit moteur électrique qui prend la relève. Le blé est écrasé et il en sort de la farine qu’il faut encore passer dans un tamis encore plus fin (« mon tout petit ami » mdr) pour enlever le son. Et voilà ! La farine est prête ! 


 

Bon, en ce qui concerne le blé moissonné il y a quelques jours dans la ferme, il était un peu humide, il a donc fallu le faire sécher sur des grandes baches dehors.










Les Physalis ou « Amor Escondido » ou Coqueret du Pérou ou Goldenberry

Cette récolte a été juste une petite parenthèse dans les grosses activités de pois et de blé, un peu comme les prunes. On a cueilli dans la serre quelques-uns de ces fruits délicats qui se planquent derrière une fine membrane. Difficile de voir si elles sont mures ou non, c’est la difficulté de la cueillette ! Laura mettra direct le fruit de notre travail au congel pour des futures confitures.






Les cochons ! 

Là aussi, petite parenthèse dans nos activités. Mais les cochons ont toujours été très présents puisque la plupart des trucs qui ne serviront pas directement pour la ferme finira dans leurs estomacs.







Le week-end tranquille des ouvriers agricoles

Quand arrive le week-end, les ouvriers sont heureux. Ils vont pouvoir souffler. Nous on décide d’aller vers le sud jusqu’à la ville de Queilen. On y était déjà allé, forcément, il y a 5 ans. Ce tour sur Chiloé aura souvent pris des airs de pèlerinage. Ici, on mangera dans le même resto et on ira dormir dans la même cabane. 

C’est avec un grand plaisir d’ailleurs qu’on retrouve cette cabane et son environnement enchanteur. Elle est sur une propriété très bien tenue d’un couple qui, comme beaucoup de gens sur Chiloé, a une une petite exploitation qui doit subvenir à bon nombre de leurs besoins. 

Il y a pas mal d’animaux dont deux bons cochons « domestiques ». On les appellera Pig et Pog et c’est vrai qu’ils sont loin de nos gros porcs de la ferme. Ils sont très propres sur eux et nous accompagnement même en balade ! 






La cabane est isolée, on verra pas la couleur d’une douche chaude ni d’une chasse d’eau en état de marche mais on a passé un super moment à rester là, faire du feu dans le poêle de la cuisine, à boire un coup, à regarder les étoiles et à scruter le bras de mer en contrebas à la recherche de dauphins (les cons, pas un ne s’est pointé !). 



A vous de remettre ces photos dans le bon ordre ! 



Beaucoup d’oiseaux également par-là dont des Choroys (Conures à long bec), espèces de petites perruches qui volent en groupe et en criant gaiement.

Dimanche soir, fin de week-end, nous plions bagage pour retrouver notre ferme où on  nous attend avec une pizza maison. Sur la route, on a acheté un dessert à base de Manjar (comme une crème de lait caramélisée.

Et voilà ! On aura passé deux semaines dans cette ferme, on a appris à se connaître avec Laura et à comprendre comment elle faisait tourner son affaire : au jour le jour, dans une grande simplicité apparente en fonction de la météo et des demandes diverses. On a eu très peu d’explication, on a tenté des innovations plus ou moins efficaces et tout s’est très bien passé. Le naturel, la gentillesse et la générosité de Laura et de toutes les personnes qu’on a rencontrées ici nous ont beaucoup marqué, c’est vraiment une façon de voyager complètement nouvelle pour nous. 

On quitte la Granja Salvador en devinant comment vont se passer les prochains jours. Une autre wwoofeuse arrive la semaine suivante, elle va avoir du boulot ! 






Le samedi avant de partir on va avec Laura et sa fille à Castro pour la grande fête de la biodiversité qui accueille des stands de bouffe, d'artisanat et de savoir faire local. 






On assistera notamment à la reconstitution d'une Minga, une tradition qui consiste à déplacer des maisons avec des boeufs. A la vérité il n'y en a plus beaucoup, ou seulement dans ce type de fête pour assurer le spectacle.






On mange un morceau là-bas ensemble avant de les ramener à la ferme. 




Nous on continue notre route. Sur Chiloé on passera deux dernières nuits dans la région de Caulin par où on est arrivés il y a quelques semaines. On loge à nouveau dans une cabane qu’on avait connue il y a 5 ans avant de quitter l’île également. Ciao Chiloé, on va monter un peu plus vers le nord maintenant.




dimanche 9 février 2020

Ile de Chiloé : les Cabañas




Toutes les photos de cette note et plus encore ici ! 

Ami amateur d’aventure, de vie à la rude, de sommets enneigés à gravir, de longues randonnées vers le soleil couchant, de faim et de soif qui vous tiraillent dans l’effort : tu t’es trompé de blog.




En ce samedi 25 janvier, nous abordons quelques jours des plus paisibles dans un lieu des plus reposants : l’île de Chiloé. 
Voilà un séjour prévu de longue date puisque dès le mois d’octobre dernier nous réservions, depuis une bonne connexion wifi de notre appartement situé dans le triangle d’or bordelais, quelques cabanes rustiques mais promettant néanmoins un cadre de vie au reflet alléchant. Nous cliquions allègrement sur « réserver et payer maintenant » sans trop nous soucier des prix et des impacts sur un budget de voyageurs qui seraient bientôt sans revenus.

Tout était packagé comme on dit encore dans certains meetings de debrief sur les trends de la roadmap. 

Samedi matin, nous rendons notre beau pick-up qui a donné bien des tourments à nos esprits sensibilisés aux défis de l’écologie. Un 4x4, quand même, c’est bien….
Tels deux touristes experts dans la planification millimétrée du voyage nous allons ensuite au comptoir du loueur de véhicules pour récupérer notre deuxième voiture, celle-ci beaucoup moins polluante je vous rassure, afin de parcourir les routes (un peu) moins défoncées de l’île de Chiloé. Et là la personne en charge nous dit : «Somehow I have messed up my calendar and the car is not available» (c’est éventuellement drôle uniquement si vous avez lu la première note du blog).

Bon en fait c’est pas drôle du tout car c’est à peu près ce qu’on nous dit, il y a eu un comme un couac lors de notre réservation. Bref y’a plus de voiture, rien, nada. Et là je revois les images de notre premier jour à ce même stand où on avait dû modifier toutes les résa pour nous adapter au nouveau programme suite au désistement de l’autre planteur d’arbre là…Et dans toute la pagaille, il y a du y avoir une mauvaise annulation. 

Pas de voiture donc et aucun autre loueur « officiel » n’a des dispos. Il faut comprendre qu’ici c’est comme si on était fin juillet dans une région assez touristique. Finalement, après deux ou trois péripéties, on trouve un gars avec un panneau sous le bras qui loue une bagnole qu’il a garée à l’arrache sur la voie de bus devant l’aéroport. Mouais…bon…on n’a pas trop le choix hein ? Il se trouve que c’est pas trop chèr (tu m’étonnes) et que finalement le gars a l’air plutôt sérieux et organisé. On repart donc avec notre petite Toyota Yaris dans laquelle on se sent tout petits et tellement vulnérables…Propriétaires de gros bouzins de 4x4, je comprends ce que vous éprouvez et cherchez en montant dans votre golgoth.

Allez, c’est parti, on prend la grande route qui mène jusqu’aux embarcadères pour l’île de Chiloé. Il y a beaucoup de ferry qui font en permanence la courte traversée et il n’y a pas d’attente. 




Bientôt ce sera de l’histoire ancienne puisqu’un pont est en préparation, projet inévitable pour des îles fréquentées en plein développement. 
Ce pont prolongera de quelques mètres la route 5 qui traverse l’île et qui n’est autre que la fameuse panaméricaine qui commence…en Alasaka ! Elle se termine même sur l’île de Chiloé dans la ville de Quellon. De là, pour poursuivre plus vers le sud il faut prendre un ferry et rejoindre le continent. La destination principale depuis Quellon c’est Chaiten, là où on était il y a quelques jours. Et de là, c’est la route 7 qu’on pourra emprunter, la route australe. 
Reprenez le plan fourni dans la première partie s’il vous plait, je sens que ça se complique.

Nous voilà sur Chiloé, petite émotion car on avait adoré cet endroit qui se présente malheureusement aujourd’hui sous un temps maussade. 
Avant de rejoindre l’une de ces cabanes, on passe une nuit dans la ville d’Ancud au nord de l’île. Bourg animé avec ses vieilles bicoques et ses magasins surannés. 




On trouve un petit hôtel où on prend peur quand on comprend qu’ils sont en train de préparer un concert dans le jardin. Les images de nos nuits à Coyhaique nous reviennent subitement nous faisant sentir les battements de nos cœurs sur nos tempes. Mais rien de tout cela, d’abord parce que ça ne devait pas finir tard du tout et que finalement ce concert n’aura pas lieu.
A Ancud on fait nos petites affaires comme on dit, on s’offre le luxe d’un resto rustique où on avale un poisson et des frites bien grasses et on va bien dormir.
Les jours suivants, comme vous avez pu l’entrevoir dans l’introduction de cette note, seront des plus paisibles. On va profiter des magnifiques lieux qui nous attendent et nous baladant bien tranquillement sur l’île qui offre peu de sentiers de randonnée si ce n’est les longs allers-retours sur les plages et, convenons-en, ce n’est déjà pas si mal.




Cabaña número uno : environs de Caulin

Il y a quelque chose d’étonnant sur l’île de Chiloé, c’est le développement de petites maisons simples mais à l’architecture très travaillée. 
L’île regorge de coins où les poser, face aux eaux de l’océan ou des golfes qui l’entourent, dans les campagnes, il y en a de toutes sortes. 

La première cabane dans laquelle on s’installe est de celles-là. C’est un grand rectangle d’armature en bois et recouvert de tôles ondulées. Toute la façade donnant sur les collines et la mer est vitrée. Il y a deux chambres sur les côtés et une grande pièce au milieu avec son poêle. C’est tout. Tout est en bois à l’intérieur et c’est très dépouillé. 






On s’y sent tout de suite bien d’autant que c’est vraiment au calme absolu, pas le moindre bruit si ce n’est, bien sûr, les nombreux oiseaux qui passent dans le coin. Waouh ! On est content de passer quelques jours avec le problème évident que ces lieux appellent à des apéros réguliers sur la terrasse. C’est quasiment obligatoire à ce niveau-là.

 En toute décontraction...

En contrebas il y a une belle plage où il n’y a vraiment personne. Beaucoup de cygnes à col noir qu’on ira voir en fin d’après midi sous une belle lumière. 






Un autre jour on ira jusqu’aux plages océanes plus sauvages de Gabun au nord-ouest de l’île. Toujours comme dans un pèlerinage vers des endroits qui nous avaient marqués. Mais il est difficile de toujours trouver les mêmes conditions exceptionnelles et c’est un ciel bas qui nous attend ici pour donner une ambiance bien particulière à cet endroit où deux surfeurs viennent affronter les vagues et les récifs.





On ira aussi vers Chépu (vous êtes allés où ? Chépu ! 😊 😊 😊, LOL, MDR), toujours sur la côte pacifique et un peu plus bas. Ici, sortie sur la plage et ses dunes tout simplement impossible à cause des taons qui sont de sortie aujourd’hui et qui sont épouvantables. Un truc de malade ! 




On tombera aussi complètement par hasard (ceci dit il n’y a pas 50 routes non plus) sur la première petite cabane qu’on avait louée en arrivant sur l’île lors de notre premier passage en 2015. Marrant ! 




Passage aussi à Quemchi, notamment connue pour être la ville natale de Francisco Coloane, écrivain chilien qui a si bien écrit sur cette partie de Chili. Chaudement recommandé ! On visite sa petite maison qui a été déplacée pour se trouver au centre de Quemchi. 




Petite parenthèse instructive d’ailleurs sur ce point, laissez-moi chaussez mes demi-lunes pour que je vous explique tout ça : la « Tiradura de Casa » consiste à déplacer des maisons entières. Sur l’île de Chiloé, c’est une vraie fête qui prend plutôt le nom générique des travaux d’entraide entre habitants : les « Mingas ». Et pour donner une belle logique bienvenue à mon récit vous trouverez ici un petit film sur la Minga de la maison de Francisco Coloane.

A Quemchi, votre serviteur profite aussi du wifi qui poutre d’un resto pour écrire et charger les photos de la première partie de ce blog, celle sur la Patagonie Verte. Cela a pris trois plombes mais il fallait bien ça pour manger les tranches de semelles servies avec quelques fritasses. Et allez, avec une petite bière aussi. Ne me remerciez pas. 




On ira également jusqu’à Punta Chilen et ses airs de Cap Ferret avec quelques baraques incroyables dont une bâtisse rouge impressionnante trônant fièrement sur la plage. 



On discute un peu avec sa propriétaire qui est en train de préparer une autre de ses maisons cossues pour l’arrivée de ses enfants. Charmante et avenante, elle nous conseille de nous acheter une bouteille de vin blanc et d’aller déguster quelques huitres un peu plus loin chez un ostréiculteur à Hueihue. 

Ce que l’on fait mais sans vin blanc, la consommation d’alcool chez les Boudillon étant (généralement) réservé au soir le cas échéant quand l’occasion se présente et que toutes les conditions sont réunies dans un alignement parfait des planètes. 

On trouve un vieux hangar où quelques personnes s’activent à nettoyer le ramassage d’huitres et autres coquilles Saint-Jacques du jour. On discute un peu et on nous prépare un superbe plateau, record du monde personnel en ce qui me concerne du nombre de mollusques avalés en une session. Excellent ! 





Cabaña número dos : environs de Dalcahue

Notre deuxième halte n’est pas piquée des vers non plus (on continue dans les expressions hein !).   

On n’est pas loin de la petite ville de Dalcahue avec son port animé et sa bonne fréquentation touristique. 
Un peu plus haut sur la côte on trouve les maisons de Lucio et Lucia (frère et sœur ?) qui ont plus loin sur leur terrain une nouvelle cabane magnifique et moderne. 
Lucio nous y conduit et nous explique tout dans un débit mitraillette et avec un fort accent qu’on retrouvera souvent sur Chiloé. Il n’est pas peu fier de l’étendue de sa propriété et nous invite à nous y balader. 

La maison est encore simple mais grandiose avec ça façade entièrement vitrée jusqu’à la pointe du toit. Que dire ? Il y a en plus une belle vue sur les eaux du golfe de Corcovado. 





Dehors, il y a une « Tiñas » : ce sont ces jaccuzis à la chilienne faits en bois et chauffés traditionnellement au feu de bois par un âtre au contact de l’eau. C’est le cas ici. Il faut 3 bonnes heures pour monter en température, on met quelques bûches et on part faire des courses. On profitera toute la soirée de ce bain et, alignement de planète favorable, on y boira un coup aussi. Trop de luxe pensez-vous ? Oui peut-être…




 Les jours suivants, on ne va pas se mentir, restent sur cette tendance de non-violence absolue et de rythme ralenti. 
On n’était pas habitué mais on s’y fait vite ! On part se balader bien sûr, longeant inlassablement les plages du coin mais on reste pas mal aussi dans cet environnement à vaquer à nos occupations intellectuelles diverses de haute volée. 

Nouvelle petite parenthèse d’ailleurs sur l’état d’avancement de notre assimilation du poème de Baudelaire, « Le Voyage ». Et bien ça avance plutôt pas mal. Sigrid m’a cependant rattrapé et me laisse un peu sur le carreau. Peut-on avoir le cerveau trop plein de strophes ? Il parait que non. Bon, pour ma part j’en suis à « Tel est du globe entier l’éternel bulletin ». Tatataaaaaa ! Et je peux vous dire que ça bastonne bien ! Le mec ne mâche pas ses mots et tout le monde en prend pour son grade. Ah là là la poésie, c’est quelque chose j’vous jure.

Tout ça pour dire qu’on y va plutôt tranquille et sans forcer. Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente.

Parmi nos petites balades, direction également le petit bled de Tenaun qui abrite le restaurant « El Cañazo » dans lequel on avait mangé complètement par hasard il y a quelques années et qui est évoqué dans les bouquins de Coloane. 



Cabaña número tres : environs de Chonchi

Si vous suivez un peu la carte, vous verrez que plus ça va, plus on descend. Cette fois-ci on passe la ville de Castro, le plus gros bourg de l’île qui souffre pas mal de problème de circulation avec la route 5 qui la traverse et qui est complétement saturée quand on arrive. Cette route est le seul moyen possible pour traverser l’île. 

Pour ce premier passage, on ne s’arrête pas en ville. Trop le bordel ! Lors de notre précédant voyage on y était passé un dimanche ce qui est bien différent. Ici l’activité déborde, il y a des petits bus qui s’arrêtent partout et des camionnettes chargées de marchandise qui sillonnent la ville. On reconnait cependant la place principale et sa grande église jaune. Mais pas d’inquiétude, on reviendra quand même. 

On se balade un peu dans le coin avant de rejoindre cette cabane au style et à l’ambiance bien différents des autres. 
On est d’abord accueillis par deux molosses façon Zeus et Apollon dans Magnum, bien que de races différentes. On se planque d’abord dans la bagnole mais voyant qu’ils ont autre chose à faire que nous dévorer on s’aventure dans la propriété à la recherche de quelqu’un pour nous indiquer où se trouve cette petite cabane. 

On tombe sur un immense hangar abritant des milliers de bières. Je vous rappelle que j’ai très peu l’occasion de boire une bonne bière depuis que je suis arrivé. 
Là un gars chaleureux, papa de Martin qui loue la cabane, nous y conduit car elle est plus loin et isolée dans une forêt donnant sur un petit lac. Il y a déjà Santiago, l’homme à tout faire de la maison qui prépare deux ou trois trucs. Le papa de Martin en apprenant qu’on est français récupère manu militari la bouteille de rouge laissée aux hôtes pour nous en amener une de meilleure qualité ! Faut pas déconner non plus.
Martin et ses airs d’américain nous rendra visite un peu plus tard.




Ici, On n’est plus sur la recherche de l’architecture poétique. 
C’est de la bonne cabane rustique en bois inspirée des ambiances nord-américaine. Surement un repère de fêtards quand elle n’est pas louée. Le lac en face semble ramener de l’air frais car on n’aura pas chaud chaud pendant ce séjour ! 

On se pose et le lendemain on ira se balader jusqu’à Cucao, une nouvelle fois sur la côte pacifique dont les accès sont finalement très limités sur Chiloé qui est entièrement tournée vers les eaux calmes du golfe d’Ancud et de Corcovado. C’est dans ces eaux-là d’ailleurs que l’élevage intensif de saumons fait parler de lui avec des méthodes peu respectueuses de l’environnement et des poissons. Allez, on arrête de bouffer du saumon aussi !

A Cucao, on retrouve nos splendides plages océanes. Faites de sable au nord et de galets plus au sud. On avait fait un très bon séjour lors de notre premier passage en nous arrêtant dans un super hôtel.

Les choses n’ont pas beaucoup changé à l’exception du développement touristique d’un lieu bien précis : le « Muelle De Las Almas » sur les falaises au sud. Il s’agit d’un petit ponton en bois s’élevant dans le ciel et donnant sur des paysages incroyables et des rochers au loin abritant des colonies d’otaries. 
On y était allé dans des conditions qu’il aurait été impossible de retrouver ici. Un beau temps parfait et surtout un endroit absolument désert. Depuis quelques années, le lieu a pris de l’importance et ce sont maintenant des bus entiers qui viennent déposer jusqu’à 700 personnes par jour parait-il. On voit effectivement sur la route principale un ballet de mini-bus et de voitures à coffre de toit aller sur le parking fait pour l’occasion pour passer par la billetterie. On préfèrera rester sur nos souvenirs et profiter plutôt des plages qui sont restées sauvages. 






Le lendemain est une journée qui ne se passe pas vraiment comme prévue puisque nous partons tranquillement sur l’île Lemuy via un ferry pour apprendre plus tard qu’on s’est planté dans la réservation de la cabane et qu’on doit en fait partir aujourd’hui alors qu’on pensait avoir une nuit de plus. Couac ! Retour express donc avec conduite de rallye des Cévennes sur l’île afin de libérer rapidement la cabane qui attend de nouveaux occupants. Aïe Aïe Aïe ! C’est gênant ! 

Donc pas grand-chose, on, s’arrête un moment à Castro, tant qu’à faire, avant de rejoindre notre nouvelle habitation. Cette ville abrite les fameuses "Palafitos", ces maisons lacustres construites sur pilotis. 






Cabaña número cuatro : Yutuy

Direction Yutuy (désolé mais ça me fait penser à ça, systématiquement) sur la péninsule de Rilan en face de Castro.

Cette petite cabane sur les hauteurs d’une colline et d’un verger de pommes donne sur une plage dont les eaux abritent des élevages de moules et de saumons (grrrr !). 




C’est une vieille maison, pas dans le style des constructions modernes. Elle a encore ses tuiles d’Alerce qui recouvre ses murs. Elle possède une belle terrasse et un Tiñas qui n’est pas chauffé au bois mais par une pompe électrique ce qui enlève un peu de charme. Mais entre nous, peut-on vraiment se plaindre de quoi que ce soit ? 



Si vous aviez trouvé que le rythme était ralenti lors des derniers jours, je suis désolé de vous dire que ce sera pire encore ici. 

Il fait beau, l’endroit est superbe, on s’y sent bien, on a des trucs à faire et à lire, on annonce un alignement de planète propice à l’ouverture de bouteille de vin blanc…Alors pourquoi bouger ? Il s’agit surement de nos derniers jours de luxure avant des périodes moins confortables. Alors on pose nos sacs, on se calme et on boit frais à Yutuy.

On fera quand même une excursion à Castro pour renouveler notre visa auprès du bureau des étrangers des services du bâtiment du « Gobernacion de Chiloe ». On avait besoin de quelques jours en rab, maintenant on peut rester jusqu’en juillet si on veut. 
Expérience marrante de l’administration chilienne, coincés dans un petit bureau à entendre le cliquetis du clavier de l’employé rompu à l’exercice. La différence tient aussi au fait qu’en France je ne laisserais certainement pas un gros morceau de fromage fraichement acheté à l’épicerie du coin dans le bureau de l’employé le temps d’aller à l’autre bout de la ville chercher un papier nécessaire à la reconduction du visa (la preuve du paiement en fait).

Et puis basta, on profite du coin, on fait quand même un tour jusqu’au bout de la péninsule qui donne du côté de la cordillère des Andes apparaissant de façon majestueuse devant nous dans un ciel splendide.




Je vais vous laisser là cher lecteur, vous qui trouvez certainement dangereux nos penchants pour cette vie de luxure et d’oisiveté. Il faut venir à Chiloé pour comprendre. 

Mais on se retrouve dans quelques temps et l’ambiance devrait être bien différente ! Je ne vous en dis pas plus et vous laisse retourner à vos activités. Vérifiez cependant s’il n’y a pas un alignement propice qui se trame à l’horizon. Ici il semble que oui.

Des bisous !